Les
Petits déjeuners du Barreau de GRASSE…
deux ans déjà !
C’est avec une certaine émotion que le petit
déjeuner du Barreau de GRASSE du 23 janvier dernier
a été présenté, aux nombreux
justiciables qui s’étaient déplacés.
En effet, plus de 70 personnes avaient répondu à
l’invitation de Monsieur le Bâtonnier Michel
FARAUD, rendez-vous mensuel, qui fêtait ses deux années
d’existence.
Maître Sylvie TRASTOUR, représentante de l’Ordre
des avocats au Barreau de Grasse, remerciait encore une
fois, tous les participants, ainsi que l’Avenir Côte
d’Azur, pour ce partenariat qui maintenant est plus
que rôdé.
Puis le sujet était présenté : «
Comment acquérir un bien aux enchères ».
C’est un duo connu savoir ; Maître Frédéric
KIEFFER et Maître Alain TRAXELLE, spécialistes
en la matière, ; qui avait charge d’animer
la matinée.
Madame
Françoise LAVEUF représentante du
journal intervenait également pour faire état
des services mis à la disposition de tout potentiel
acquéreur, car les biens sont présentés
dans le journal (papier et site web).
Dans une période où le marché de l’immobilier
est saturé et où il est de plus en plus difficile
de se loger à un prix raisonnable, le nombre des
participants, leur diversité et leur attention ont
permis de constater que ce thème était porteur.
Maître Sylvie TRASTROUR, Avocat au Barreau de GRASSE,
rappelait l’objectif du Barreau qui est de rendre
ce mode d’acquisition d’un bien immobilier plus
accessible, plus transparent et de faire en sorte que les
craintes suscitées par une méconnaissance
soient enfin levées.
Elle insistait sur l’intérêt de ce thème
devant les nouvelles lois applicables à cette matière
depuis le 1er janvier 2007 (ordonnance du 21 avril 2006
et décret du 27 juillet 2006, complété
par un décret du 23 décembre 2006) avant de
laisser la parole aux animateurs.
En effet, les ventes aux enchères publiques sont
souvent perçues avec beaucoup de méfiance
par le justiciable non accoutumé à ce mode
d’acquisition et à son vocabulaire.
Pourtant, les ventes aux enchères de biens mobiliers
jouissent d’un écho favorable auprès
du grand public et des médias.
Pourquoi alors tant de répulsion pour les enchères
immobilières ?
La seule réponse est que bien souvent la crainte
naît de l’ignorance ou de la méconnaissance.
Ce qui n’est pas connu fait peur.
C’est pourquoi, les animateurs se sont efforcés
de rendre plus claire et abordable cette technique d’acquisition.
Le parcours n’est pas un parcours du combattant et
le rôle préalable de l’avocat est important.
Dans la chronologie de ce parcours, la première
démarche à effectuer est celle que doit effectuer
tout acquéreur potentiel d’un bien immobilier,
c'est-à-dire déterminer le bien immobilier
qu’il souhaite acquérir et pour quel budget.
En répondant à cette première question,
l’acquéreur potentiel pourra alors débuter
sa quête.
Celle-ci passe par une recherche des biens qui sont offerts
aux enchères publiques à la lecture des journaux
d’annonces légales de la région.
Après avoir fait son choix, il appartiendra aux
amateurs de contacter un Avocat au Barreau de GRASSE pour
les biens vendus devant le tribunal de GRASSE.
Lors de ce rendez-vous, l’acquéreur devra
se comporter comme s’il se présentait devant
un Notaire pour une acquisition amiable.
En effet, l’Avocat aura besoin de connaître
l’état civil complet de l’acquéreur,
sa situation matrimoniale, sa volonté d’acquérir
seul ou en indivision, pour une personne physique ou par
le biais d’une société et pourra, après
ces premiers éléments, établir les
actes nécessaires à l’établissement
du pouvoir aux fins de saisie immobilière.
Ainsi, pour une personne physique vous devez fournir à
votre Avocat une photocopie de votre carte d'identité
ou de tout autre document justifiant exactement de votre
identité (permis de conduire, passeport, etc.) précise
et complète :
– nom et prénoms,
– nom de jeune fille le cas échéant,
– nationalité,
– profession (si vous êtes commerçant
en nom propre, vous devez fournir un extrait K BIS récent
du Registre du Commerce),
– adresse complète,
– situation de famille (célibataire, marié,
veuf, divorcé, pacsé, etc.…),
* Si vous êtes pacsé, vous devez en justifier.
* Si vous êtes marié, vous devez indiquer votre
régime matrimonial et en justifier.
* Si vous êtes séparé de biens, vous
devez préciser si l'achat est envisagé pour
vous seul ou bien pour les deux époux pris indivisément.
Dans cette hypothèse, les deux époux devront
donner les mêmes renseignements à l'Avocat
et signer ensemble le pouvoir aux fins d'être déclarés
adjudicataires.
* Si vous êtes mariés sous un autre régime
que la séparation de biens, l'adjudication est censée
être faite pour le compte de la communauté
et dans ce cas là, l'Avocat est tenu d'avoir en sa
possession l'identité complète des deux époux
ainsi que leurs signatures.
Si vous souhaitez acquérir pour le compte d’une
société, vous devez fournir :
– un exemplaire des statuts de la société,
– un extrait K BIS récent du Registre du Commerce,
– un document justifiant des pouvoirs du signataire
de l'acte si cette personne n'est pas le représentant
légal de la société tel qu'il est désigné
sur l'extrait K BIS.
Vous devrez également justifier que l'achat d'un
bien immobilier rentre bien dans le cadre des attributions
de la personne morale considérée.
L’Avocat aura également besoin de connaître
le montant de l’enchère maximale qu’entend
porter l’amateur.
Là encore, il faut jouer le jeu de la transparence
et l’Avocat est là pour répondre à
toutes vos interrogations, notamment pour les frais.
En effet, c’est le montant du prix de l’adjudication
qui déterminera le calcul des frais qui s’ajoutent
à ce prix.
Certes, l’objectif est d’acquérir au
moindre prix mais il sera plus aisé d’évaluer
le budget global en calculant les frais inhérents
à l’acquisition sur la base du prix le plus
important.
Ainsi, outre la communication de l’état civil
complet du ou des acquéreurs, pour l’établissement
du pouvoir, il conviendra de remettre à l’Avocat
choisi un chèque de banque destiné à
garantir la solvabilité minimum de l’acquéreur.
A ce sujet, le nouveau texte impose à l'avocat de
se fait remettre par son mandant et contre récépissé
une caution bancaire irrévocable ou un chèque
de banque rédigé à l'ordre du séquestre
ou du consignataire désigné dans le cahier
des conditions de vente, représentant 10 % du montant
de la mise à prix (article 74 du Décret 2006-936
du 27 juillet 2006).
Cette disposition est prescrite à peine de nullité
de l'enchère soulevée d'office (article 81
du Décret 2006-936 du 27 juillet 2006).
En outre, il est fréquent que le cahier des conditions
de vente vous impose une consignation plus importante
En effet, cette caution bancaire ou ce chèque de
banque devra permettre de couvrir :
- le montant des frais de la procédure qui seront
connus avec précision la veille de la vente mais
peut être évalus quelques jours avant.
- permettre de payer les droits de mutation qui pourront
varier selon le bien à vendre (droits d’enregistrement
5.09 % ou TVA 19,60 % ou 0.60 % pour l’acquisition
en marchand de biens).
Bien sûr, au cas par cas, en fonction de chaque vente,
l’Avocat sera en mesure d’apporter les précisions
utiles aux amateurs éventuels quant à la fiscalité
immobilière applicable.
- le montant des émoluments.
Celui-ci est calculé sur le tarif des Notaires et
l’Avocat a donc la possibilité d’informer
avec précision les amateurs potentiels quant au montant
de ce poste.
Pour être précis, pour les ventes pour un
prix supérieur à 16.770 euros, l’émolument
est de 1,65 % sur le prix d’adjudication augmenté
d’une somme de 581,70 euros, le tout augmenté
de la TVA (19, 60 %).
Enfin, seront également calculés les frais
postérieurs, qui seront tous les frais que va engendrer
la publication du titre de propriété du nouvel
acquéreur à la Conservation des hypothèques.
A ce stade des explications, la salle a déjà
abondamment réagi en posant de nombreuses questions.
L’une de celles intéressant plus particulièrement
le public résultant du coût représenté
par l’intervention de l’Avocat lorsque l’adjudication
n’est pas remportée.
Pour y répondre, il a été indiqué
que chaque Avocat pratiquait selon des critères qui
lui étaient propres et que le client avait la possibilité
d’être parfaitement informé avant l’audience
du coût total de l’opération.
Autrement indiqué, les Avocats annoncent le coût
des honoraires avant l’audience et le cas échéant,
des conventions écrites peuvent être passées
et sont vivement conseillées.
Bien sûr, par la suite, a été évoqué
le déroulement de l’audience d’adjudication
à proprement parler.
Là encore, il est apparu une grande distorsion entre
la réalité et la légende.
C’est pourquoi il a été vivement conseillé
à tous les amateurs de venir régulièrement
participer aux audiences pour se rendre compte de la pratique
avec l’inconnu que constituera le déroulement
des enchères dans la nouvelle procédure, puisque
les bougies seront remplacer par un moyen visuel et sonore
moderne permettant aux intéressés de voir
s’égrener chacune des quatre-vingt dix secondes,
durée fixée par le nouveau texte.
C’est donc avec beaucoup de convivialité que
ce petit déjeuner rencontres a alors pris une tournure
de questions-réponses puis s’est poursuivi
pour envisager différentes modalité de paiement
du prix celles-ci pouvant varier selon la procédure
engagée :
- de quatre mois avec deux mois en franchise d’intérêts,
deux mois au taux légal (2,95 % pour 2007) et au-delà
le taux légal majoré de 5 points pour les
ventes dites de droit commun,
- de trois mois à compter de l’adjudication,
au taux légal pour les ventes en matière de
liquidation judiciaire
- de soixante jours à compter de l’adjudication
définitive avec intérêts au taux légal
pour les ventes du service des domaines.
Il a été également précisé
ce qu’il fallait entendre par adjudication définitive,
c’est-à-dire à l’expiration du
délai de surenchère.
La procédure de surenchère a suscité
de nombreuses questions et interrogations.
Ainsi les réponses qui ont été apportées
ont pu permettre d’éclairer le public quant
aux avantages et aux inconvénients présentés
par cette possibilité de surenchère qui, faut-il
le rappeler, n’est possible qu’une seule fois.
Maître KIEFFER et TRAXELLE ont également insisté
sur le sérieux des ventes aux enchères immobilières
et sur les sanctions liées au non respect du paiement
du prix avec le risque d’être poursuivi en folle
enchère ou en réitération des enchères
pour les nouvelles procédures et d’être
condamné à supporter la différence
entre le prix d’acquisition offert et un prix de revente
qui serait moins important et à perdre ce qui a déjà
été payé.
Le public a également été rassuré
sur les possibilités d’obtenir le bénéfice
d’un prêt hypothécaire après une
acquisition aux enchères publiques, notamment au
regard des exigences de la nouvelle Loi.
Ils ont également été rassurés
sur l’opportunité de participer à ces
audiences et l’absence de relation concurrentielle
avec les professionnels que constituent les marchands de
biens.
En effet, un particulier qui souhaite acquérir pour
faire un investissement locatif ou pour rechercher son lieu
d’habitation n’est pas sur le même terrain
que le marchand de biens qui a pour objectif d’acheter
en vue de revendre pour faire une marge.
Bien sûr, l’aspect forcé de cette vente
aux enchères immobilières n’a pas échappé
au public intervenant.
C’est pourquoi a été abordé
la délicate question de l’occupation du bien
immobilier et des suites qui devaient être apportées
à cette occupation lorsque aucun accord amiable ne
pouvait intervenir avec l’occupant.
A ce titre, le nouveau texte apportera un avantage puisque
pour les adjudications soumises au nouveau régime,
le jugement d’adjudication vaut titre d’expulsion.
En toute hypothèse, lors de l’acquisition,
cette information est connue et dans le cadre du budget
dont doit tenir compte l’acquéreur lors de
sa prise de décision, il est important qu’il
puisse provisionner ce poste dans le cas d’une situation
d’occupation délicate.
A l’issue de ce nouveau petit-déjeuner rencontres,
le public semblait avoir une idée plus claire des
modalités d’acquisition d’un bien aux
enchères immobilières.
Mais il était encore friand d’un certain nombre
de réponse à des interrogations qui n’avaient
pu être posées.
Dans l’ensemble, il faut retenir qu’en l’état
actuel du marché, les enchères immobilières
présentent des avantages qu’il convient de
ne pas négliger.
En étant bien renseigné, en prenant ses précautions,
et en achetant en connaissance de cause, toute personne
a la possibilité de participer à ces ventes.
Le coût n’en est pas plus important que pour
les ventes de gré à gré puisque en
dehors du poste de frais de procédure, le coût
est identique à celui que représente une vente
de gré à gré (émolument tarifé,
droits de mutation, frais postérieurs).
En revanche, il n’y a pas de commission d’agence
à supporter.
Par ailleurs, l’adjudication emporte purge des inscriptions
grevant le bien et il n’est pas utile de retourner
chez un Notaire puisque le titre de propriété
est établi par le Tribunal avec le concours de l’Avocat
et publié à la Conservation des hypothèques.
Ce petit-déjeuner rencontres s’est alors achevé
par une série de questions posées notamment
quant au rôle de l’Avocat et là encore
les professionnels étaient à l’écoutent
pour répondre.
Vous pouvez contacter le barreau par mail : ordre@avocats-grasse.com.
Récapitulatif
des frais
- frais préalables : entre 6.000 et 20.000 €
(pour les très grosses ventes) selon les procédures,
mais en moyenne 5.000 €,
- droits de mutation : pour synthétiser, 5, 09 %
au titre du droit d’enregistrement et, si l’immeuble
est achevé depuis moins de 5 ans, TVA 19,60 %,
- émoluments tarifés : pour les ventes supérieures
à 16.7770 €, 1, 65 % du prix d’adjudication
+ 181,705 € + TVA à 19,60 %
- frais postérieurs : ils sont de l’ordre
de 380 € HT pour une petite vente et peuvent aller
jusqu’à 800 € pour une vente moyenne et
1.200 à 1.500 € pour une grosse ou très
grosse vente.
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